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À la recherche du temps figé

 

Retrouvez ici le témoignage des Pornicaises et Pornicais qui partagent avec nous leurs expériences pendant le confinement.

 

Solution

Pour me préserver de Corona
J’ai trouvé la solution
Je vais louer une île !

Si, si, pour une poignée de dollars
C’est possible !

J’y accèderai en jet privé
Et j’y emmènerai Mémé.

Je me la coulerai douce
Entre piscine et spa
Loin de Corona...

J’hésite encore
Ile du Pilier ou île Dumet
On fait avec ce qu’on a...

Cat H

Impatience

J-7
Le temps s’étire,
L’impatience nous guette,
Le jardin nous pousse à réfléchir.

Trop tôt
Les haricots semés
Sont bouffés.

Trop tôt
Les tomates plantées
Sont grillées.

Trop tôt
Les pois bien alignés
Sont couchés.

Alors, ne sortons pas trop tôt,
Nous disent les saints de glace 2020,
Saint Philippe, Saint Véran et Saint Salomon !

Cat H

1er Mai

Le boulevard Thiers
Est désert.
Place de la République
Pas un flic.
Que faire ?
Sinon aller voir la mer.

Rue de Malmy
Le muguet n’a pas fleuri.
1° mai sans banderole
Dans cette vie un peu folle
Que dire?
Sinon je voudrais partir.

Partir le coeur léger
Et pouvoir embrasser
Mes amis, mes enfants
Oter ce déguisement
Et choisir
De regarder l’avenir.

Cat H

Couleurs

Zone verte ou rouge
Attention, personne ne bouge
A plus de 100 km à la ronde
Pas question de tour du monde.

Zone rouge ou verte
Les portes sont ouvertes
Pour le bal masqué
Et l’apéro distancié.

Mais cette zone orange
Est bien étrange.
Corona aurait-il pris l’A 10
Jusqu’aux plages de l’Atlantique ?

Cat H 

Atelier confiné

Quelques textes de l’atelier d’écriture du 25 avril en visio

 

Les billets  d'humeur"Il faut du temps pour être heureux, beaucoup de temps, le bonheur aussi est une longue patience". (Albert Camus)

 

 

Aujourd'hui c'est le 40ème jour de confinement, je n'arrive pas à croire que nous avons déjà passé 11% de l'année, confinés.

Quand je regarde autour de moi, j'ai l'impression de vivre dans un film de science-fiction, les villes désertes, les contrôles d'identité, les queues devant les supermarchés, la folie pâtissière...

Je vois ceux qui se battent comme des fous contre la maladie ou pour produire l'essentiel, et ceux, inactifs rivés aux informations avides de savoir quand ils pourront retrouver leur vie d'avant.

Mais finalement, on s'y fait au confinement, on apprend à regarder la nature qui se fout du covid 19 ou 20, qui poursuit son évolution vers l'été, avec toutes ces fleurs qui s'épanouissent dans les jardins et qu'on prend le temps d'admirer, à force de passer devant pour la 40ème fois. En ce moment ce sont les rhododendrons, j'aime bien les rhododendrons, contrairement à Thierry. Et les oiseaux, je les écoute, avant je les entendais. Et puis, la solitude devient familière, nous aide à apprivoiser nos peurs, à regarder à l'intérieur de nous, à nous interroger et aussi à partager nos considérations existentielles avec nos amis.

Finalement, on se rend compte qu'il est possible d'être heureux, avec le peu de choses que nous avons, et malgré un univers extérieur rétréci.

Est-ce que l'on sera de plus en plus heureux si le confinement s'éternise ?

Eh bien oui, et c'est Albert Camus qui le dit : "Il faut du temps pour être heureux, beaucoup de temps, le bonheur aussi est une longue patience".

Anne

 

 

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« 40 jours de confinement aujourd’hui : le compte est rond. C’est la durée du Carême mais sans Résurrection ! Et même si je me sens prise au piège ou si je me désagrège, c’est quand même du bon temps, serein, sans horaire, sans chemise, sans pantalon… Euh, non, pas tout à fait, il fait encore frais !

Sans contrainte c’est sûr, car mon « papier » de liberté, je le refais à mon idée. Et comme j’ai envie de chanter mais que je ne veux pas attirer l’ondée, j’écoute Baloo qui me raconte « qu’il en faut peu pour être heureux ». « Pour vivre heureux, vivons caché » dit la maxime, alors, il doit y avoir du bonheur dans tous les coins jusque dans les greniers. Et dans ce temps présent qui ne nous est plus compté, profitons-en pour être heureux, heureux de rien, heureux de tout. Heureux d’une rencontre inattendue ou d’une rencontre attendue. La patience est-elle une vertu ? Alors comme nous en avons presque pris l’habitude, patientons et mettons en pratique la « conquête du bonheur ».

C’est une affaire de patience, nous dit, Monsieur Albert Camus. »

Catherine

 

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 Je suis heureuse car je n'attends rien que je n'ai déjà...Pour moi, être heureuse, c'est justement ne rien attendre…

C'est le moment présent ...

Il n'y a pas de notion de temps dans "l'heureusité"...

Etre heureuse, c'est savoir que tout est là en ce moment ... Je suis seule à décider ! Suis-je heureuse ? Suis-je malheureuse ?

Etre heureuse, c'est ne rien attendre. Le passé est passé. Je ne peux pas le changer...Il est passé. 

Le futur, je ne sais rien. Demain, serai-je encore en vie ? Le satané virus aura-t-il fait son oeuvre, aura-t-il dévasté l'humanité, notre planète ? Ou bien demain, le virus aura - t -il réveillé notre humanité, serons-nous éveillés, conscients, solidaires, fraternels ?

Je ne sais rien du futur et c'est bien ...

Alors je décide d'être heureuse maintenant dans mon nid lumineux et douillet, dans mon « jardingue » fleuri, coloré et nourricier, avec vous, mes amis de l'atelier...

Je décide d'être heureuse avec cette promesse d'un printemps dont je veux être le bourgeon têtu, la fleur sans naïveté et le fruit qui mûrit ...

Même si toute expression de joie, toute couleur, posées sur cette tragédie en cours, passent pour une obscénité, j'ai décidé d'être heureuse maintenant...

Et ce sont les ans et les malheurs traversés qui m'ont appris qu'il fallait du temps pour être heureuse, beaucoup de temps et que le bonheur est aussi une longue patience...

 FreeDanielle

 

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C'est les vacances ! Youpi, profitons-en ! Je n'ai qu'à m'amuser, je n'ai qu'à rigoler. Fini le travail à n'en plus dormir. Fini les mails à n'en plus écrire. Le soleil radieux sourit au-dessus de ma tête, lui aussi est heureux. Il a fait partir les nuages pour que je brunisse ma peau, pour que je réchauffe mon âme.

Le gris du confinement s'était ajouté au gris du travail. Une activité si chronovore qui d'habitude tire sur le rouge par son intensité s'était tranquillement transformée, invisible changement à la vue de tous : je m’énervais souvent.

Maintenant tout change, j'oublie ou je vais, j'oublie l'impératif, je m'abonne au facultatif. Je fais ce qu'il me plaît, je suis libre. Ou plutôt je le crois. Ah non j'avais dis plus de philosophie. Entre Aristote et Platon, l’éternelle bataille avait rongé mes entrailles.

Bref, j'écris, je lis, je parle, je joue, je me repose. En voilà des verbes d'actions qui sonne le bonheur, cette état abstrait mais pourtant si réel parfois. Quand je m'éclate sur le sol à en faire rire les autres, je suis heureux. Quand je m'endors,fatigué, de ne rien faire, je suis heureux. Quand je rigole avec tous ceux que j'aime, là aussi je suis heureux. Et ce n'est pas le confinement qui m'empêchera ce bonheur. J'ai décidé d'être heureux, je le serais. Même si ce n'est pas si simple, je le serais. Et puis finalement, le confinement aide à ce bonheur non ? Puisqu'il faut du temps pour être heureux. Beaucoup de temps, que le bonheur aussi est une longue patience, le confinement est un moment parfait pour être heureux ! N'est-ce pas ?

Ivanhoé

 

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Aujourd'hui je tourne et vire, hier aussi je tournais et je virais et avant-hier idem. Depuis mardi je tourne et je vire. Je rêve depuis trois nuits que je parle à mes voisins pour leur expliquer poliment que ça n'est pas correct de laisser leur fils de 4 ans hurler en permanence, je leur ai parlé, au début du confinement, poliment, mais rien n'a changé ou si peu. Alors j'attaque, à coup de vocalises, parfois je hurle aussi, à midi je lui ai dit : " Tu vois c'est bien quand tu parles normalement, c'est même super merci." Mais c'est reparti, il ne s'exprime qu'en hurlant. 

Depuis Mardi mon ciel est gris et mon ordi est HS, alors tous les matins je chausse mes baskets pour aller faire du sport, car voyez-vous j'ai trouvé un petit endroit magique, un chemin qui mène à une pinède avec vue sur la mer au loin, personne, deux canards, un lapin, quelques pigeons, un geai magnifique, des boutons d'or, des chênes verts, le seul endroit sauvage et non habitée de mon périmètre. Un riverain m'a dit qu'on avait le droit d'y aller si on ne franchit pas la barre en bois et si on ne va pas vers le dolmen.

Mardi c'était mon anniversaire.

Mardi donc, alors que je me rendais dans mon petit endroit de paradis en petites foulées ramolottes, je vois arriver une vieille petite voiture grise conduite par un petit monsieur gris, un monsieur probablement plus jeune que moi mais qui en faisait 10 ans de plus. Il ralentit, hésite, s'arrête et ouvre la fenêtre. Ca y est, me dis-je, je vais avoir droit à une réflexion désagréable du genre, "vous courez au milieu de la route" où "vous devriez porter un masque". Il s'arrête, me parle, je ne comprends pas, je m'approche, et je l'entends me dire : " C'est triste, hein ? ". J'ai trouvé ça tellement joli et bizarrement extrêmement drôle. On a causé deux minutes de tout et de rien, de comment se remonter le moral même les jours grisoux et on est reparti avec le sourire vers nos destins de confinés. C'était un joli cadeau d'anniversaire, incongru est tellement humain.

" Il faut du temps pour être heureux, beaucoup de temps. Le bonheur aussi et une longue patience" comme le disait si bien Albert Camus.

Valérie

 

 

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La médiathèque rouvre ses portes…

Il y a foule ce matin à l'entrée de la médiathèque, tous ceux qui sont venus le 11 mai, et ont trouvé portes closes, viennent gonfler les rangs de ceux qui savaient que la date était le 12. On a tous les bras chargés de livres, on a tout lu...

Les portes s'ouvrent, un grand panneau de bienvenue trône au milieu du hall.

L'équipe est là au grand complet et même plus, puisque les stagiaires de 2019 et de

2020 ont été réquisitionnés, tiens, je reconnais Ivanohé et Jessica.

Je trouvais à l'équipe un air bizarre, ils sont plus grands que d'habitude. Alors je réalise qu'ils sont tous chaussés de rollers, et pour cause, la médiathèque a triplé de volume. A l'image de la Chine avec son hôpital construit en 9 jours, l'équipe de la médiathèque a réussi la prouesse d'agrandir le bâtiment en 56 jours ! Et le ballet commence, ils virevoltent avec les paniers à roulettes pour récupérer les ouvrages, les mettent ensuite sur un tapis roulant, qui les emmène au fond du bâtiment pour être triés.

Les lecteurs, plutôt déconcertés et ébahis face à ce nouvel environnement, écoutent les explications du personnel qui roule. Démonstrations à l'appui, les codes couleurs selon la nature de l'ouvrage sont détaillés, le fléchage au sol suivi par tous. Une musique d'ambiance nous incite à parler à voix basse. Suivant notre guide, nous découvrons, dans une aile du bâtiment, un espace détente avec sofas, tables basses et cafétéria, dans un éclairage tamisé... Incroyable !

Le Covid aurait-il provoqué ces transformations inattendues ? En effet, on s'est rendu compte que les lecteurs de la médiathèque de Pornic étaient immunisés contre le virus, la municipalité devait donc tout mettre en oeuvre, en un temps record pour y accueillir sa population toute entière !

Anne

 

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Retour à la médiathèque le 12 mai 2020...

Depuis le 17 mars, la pénombre des volets tirés a envahi les rayons de la médiathèque ...Les livres et leurs auteurs ont décidé à leur façon de résister à cet enfermement (l'enfer me ment en langue des oiseaux) ...Plus de mains fébriles pour les couvrir de plastique, les étiqueter et les classer dans des rayonnages, serrés les uns contre les autres ...

D'abord, respirer, s'extraire de la gangue de plastique qui les empêchent de vivre, se retrouver nus dans les rais de soleil qui filtrent à travers les volets clos ...

Dans une joyeuse sarabande, les habits de plastique s'entassent sur le sol comme les robes des amoureuses, tandis que les couvertures et les pages s'envolent en tous sens et se mettent à vibrer dans la tiédeur du printemps confiné ...

Puis les livres, se calment et vont faire le tour du propriétaire...En chemin, ils s'arrêtent et papotent ..." La peste" demande "aux mains sales" comment elles se sentent dans ce nouvel espace ... La débandade dans les rayonnages devient une joyeuse et folle ronde échevelée de pages qui se détachent et s'agglutinent selon leurs envies et leurs affinités ...

Esméralda quitte Notre Dame de Paris pour une équipée en Laponie avec Jean Lou Etienne....Le bateau ivre de Rimbaud navigue allègrement sur les rives de la Côte de Jade en compagnie de la fée Clochette ...

Un joyeux tintamarre aussi car les auteurs fatigués d'être confinés sur des rayons poussiéreux se mettent à raconter leur joie de voir leurs écrits prendre vie et choisir enfin qui les lira ...

Chloé, l'araignée a profité de ce joyeux abandon pour tisser sa toile dans la médiathèque livrée à elle-même depuis si longtemps ...

Mais un mardi matin ...

Les portes s'ouvrent, les volets sont tirés et les passionnés de lecture arrivent et découvrent les rayons vides, les livres sans couverture, les pages envolées...

Ils sont "déconfits" devant ces toiles d'araignées tissées comme des hiéroglyphes dans la lueur des néons rallumés ...

Nous sommes le 12 mai 2020...

FreeDanielle

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Amusons-nous… Saurez-vous retrouver les titres de chansons dans ces textes ?

Le 11 mai est enfin arrivé, comme une délivrance, en notre douce France. Dans les rues, sur les trottoirs, y'a d'la joie. Cette joie on l'a tant rêvée. Chaque jour on se disait encore un matin.

La foule était compacte en cette journée particulière, foule sentimentale désireuse de rattraper le temps perdu. Hier encore, la solitude, et maintenant qui accueillir dans ses bras ? Les copains d'abord ? Les copines, Nathalie, Lily ? Mon vieux ? Tata Yoyo ?

Il faut voir la vie en rose comme ils disent, on a même le droit maintenant d'aller regarder la mer et de savourer une salade de fruits en terrasse.

Moi, en fait, je veux voir mon amoureux, reprendre mes amours secrètes, je veux l'entendre me dire les mots bleus, me parler d'amour, des "déshabillez-moi" dans la pénombre, que serais-je sans toi, mon amour, ne me quitte pas. Non je ne regrette rien de notre rencontre pendant l'été indien, ce n'était pas pour un flirt, c'était une véritable histoire d'amour...Mais je divague.

Tiens, sur la place, ils entament une danse des canards, et celui-là, qui crie "viens poupoule" à l'agent qui s'approche avec des airs de Zorro. Il cherche une amende à 135€ pour insulte à agent ou quoi ? Ah non, ouf, il suffit d'un signe de l'agent qui lui sourit, lève son verre couleur menthe à l'eau, c'est un homme heureux, ce doit être un de ses potes.

Oh, j'aperçois Claire, tout le monde lui fait des bises, c'est vrai que c'était son anniversaire, il y a quelques jours, tant pis pour la distanciation sociale...Quand on n'a que l'amour, c'est déjà bien, mais quand on a aussi l'amitié, en cette journée particulière du 11 mai, alors on ne peut qu'être heureux !

 Anne

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Onze mai, encore un matin glacial, la mer est agitée, il pleut comme vache qui pisse, comme ils disent. D'ailleurs qui dit ça, plus personne. Moi qui pensais chanter mon bonheur, à tue-tête, sur les chemins de ma douce France, je vais devoir sauter par-dessus les flaques en faisant la danse des canards. Peu m'importe, je suis tellement heureuse de quitter mon appartement pour rejoindre la foule sentimentale qui se déverse dans les rues depuis l'aube. Hier encore l'avenue était déserte et aujourd'hui il y a foule. Il était temps que ça s'arrête. Fin d'un cycle et fin d'un amour. Hier j'ai rompu avec cet inconnu que j'ai rencontré pendant le confinement. 

On s'est rencontrés par le conduit de la cheminée, je buvais mon thé en mangeant un flan couleur menthe à l'eau que Tata yoyo avait déposé devant ma porte. Ah ! Tata yoyo, que serais-je devenue sans toi et tes délicieux petits plats. J'aurais sans doute perdu dix kilos avec mon régime salade de fruits. J'étais donc en train de boire mon thé en chantant à tue-tête, quand Zorro est arrivé par la cheminée. "Il y a de la joie dans cette cheminée" a-t-il dit via le conduit. Parlez-moi d'amour lui ai-je répondu, déshabillez-moi, je m'ennuie tellement. Et c'était parti pour un flirt de ramoneur avec l'été indien, les mots bleus et tout et tout." Je suis un homme heureux, que serais-je sans toi que je ne connais pas, clamait-il dans le tuyau". Et moi j'y croyais. Quand on a que l'amour à Boulogne-Billancourt on court, on se précipite même dans tout ce qui peut nous aider à nous évader, à rêver. Seulement voilà, petit à petit les autres sont arrivés. Les copains d'abord. Il me les a tous décris, le pétomane qui les fait tant marrer, celui qui se bourre la gueule et qui est tellement trognon quand il vomit partout, le boute-en-train du groupe avec ses blagues de papillotes rances, bref toute une bande de petits gars qui ne font pas trop envie. Mais j'étais amoureuse, je n'osais pas trop lui dire. Et puis il s'est mis à me raconter ses ex, Lili qui arrivait tout juste de Somalie et Nathalie avec ses gros nichons. Mais c'est le soir où, blindé comme un soudard, il m'a crié par la cheminée "Viens poupoule, viens poupoule, mais bordel qu'est-ce que t'attends..." que j'ai décidé que ça ne pouvait plus durer, je l'ai quitté. Depuis, il sanglote en boucle un " Ne me quitte pas" étouffé par la suie, mais non, rien de rien, non, je ne regrette rien. Alors ce matin, je le laisse à ses larmes, je pose mon stylo sur le manteau de la cheminée, je me mets sur mon 31, je me maquille et tente d'organiser ma chevelure de fauve j'enfile mon ciré et mes bottes en caoutchouc roses car j'ai rendez-vous avec mon vieux saule au feuillage délicat. J'irai ensuite retrouver mes ami-e-s, c'est un jour spécial, un jour de renouveau ...

Valérie

 

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Le 30 avril 2020 en chansons...

"Encore un matin" et nous serons le 30 avril... Demain, il y a fête dans la ville haute, beaucoup d'invités :

les copains d'abord, mon vieux et une foule sentimentale seront là malgré le confinement ...

Comme ils disent, pour une occasion pareille, dans les verres pas de couleur menthe à l'eau, en douce France et quand on n'a que l'amour, on ne lésine pas avec la fête et les anniversaires...On fera la danse des canards autour de la halle et il suffira d'un signe pour un déshabillez-moi...

L'été indien n'est pas encore là mais nous sommes le 30 avril et en mai, C. fait ce qu'il lui plaît ...

Hier encore", dans la foule et pour un flirt, elle aurait pu dire : "parlez-moi d'amour" à n'importe quel homme heureux, ou bien viens Poupoule à un bel éphèbe ...

Mais, un demi-siècle, ça vous rend sérieuse, dit-on ...

Non je ne regrette rien" dit C. en ce jour mémorable, j'ai eu la  vie en rose ....

Tata YoYo est arrivée de Somalie avec la petite Lily et elle apporté une salade de fruits pour fêter les 50 ans de son amie ...

Nathalie une copine de lycée a récité les mots bleus et répète : « ne me quitte pas » à Zorro qui lui répond : « Que serai-je sans toi ?  "

Un 30 avril qu'on n'est pas prêt d'oublier ...

Freedanielle

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 Le 11 mai est enfin arrivé, comme une délivrance, en notre douce France. Dans les rues, sur les trottoirs, y'a d'la joie. Cette joie on l'a tant rêvée. Chaque jour on se disait encore un matin.

La foule était compacte en cette journée particulière, foule sentimentale désireuse de rattraper le temps perdu. Hier encore, la solitude, et maintenant qui accueillir dans ses bras ? Les copains d'abord ? Les copines, Nathalie, Lily? Mon vieux ? Tata Yoyo ?

Il faut voir la vie en rose comme ils nous disent, on a même le droit maintenant d'aller regarder la mer et de savourer une salade de fruits en terrasse.

Moi, en fait, je veux voir mon amoureux, reprendre mes amours secrètes, je veux l'entendre me dire les mots bleus de Christophe, me parler d'amour, des "déshabillez-moi" dans la pénombre, que serais-je sans toi, mon amour, ne me quitte pas. Non je ne regrette rien de notre rencontre pendant l'été indien, ce n'était pas pour un flirt, c'était une véritable histoire d'amour...Mais je divague.

Tiens, sur la place ils entament une danse des canards, et celui-là, qui crie "viens poupoule" à l'agent qui s'approche avec des airs de Zorro. Il cherche une amende à 135€ pour insulte à agent ou quoi ? Ah non, ouf, il suffit d'un signe de l'agent qui lui sourit, lève son verre couleur menthe à l'eau, c'est un homme heureux, ce doit être un de ses potes.

Oh, j'aperçois C., tout le monde lui fait des bises, c'est vrai que c'était son anniversaire, il y a quelques jours, tant pis pour la distanciation sociale...Quand on n'a que l'amour, c'est déjà bien, mais quand on a aussi l'amitié, en cette journée particulière du 11 mai, alors on ne peut qu'être heureux !

 Catherine

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Comme ils disent, la famille doit passer en priorité. Moi je fais passer les copains d'abord. Boire un verre avec eux, il n'en faut pas moins pour se ressourcer. Surtout s’il est couleur menthe à l'eau. Je veux dire, on broie du noir pendant des mois à appeler Tata yoyo et à faire des salades de fruits, il faut maintenant voir la vie en rose, se dire les mots bleus, c'est important.

Pour autant, il y a peut-être une chose plus importante que les amis ou la famille : c'est l'amour. Que ce soit Nathalie, Lily ou bien que Zorro soit arrivé, l'amour provoque une foule sentimentale qui se bouscule dans tout ton être. Et maintenant que le confinement est terminé, les corps vont pouvoir à nouveau s'enlacer, se toucher, et par là se corrompre, mais qu'importe, l'amour est tellement plus fort. Car quand on a que l'amour, on survit grâce à des joints de bonheurs injectés de diverses manières, il n'est pas nécessaire d'en savoir plus. Mais quand on a que les amis ou que la famille, on souffre de ne pas connaître l'été Indien dans son lit et dans son cœur. « Alors parlez-moi d'amour » vous diront ceux qui ne le connaissent pas. Le vivre par procuration est un moyen de se sentir moins seul, d'oublier quelques instants le blanc de la solitude pour rencontrer le rouge torride de la fusion.

Non je ne regrette rien, l'amour est une chose si belle que j'en parle comme j'en ai envie. Je peux vous faire entendre des « déshabillez-moi » puissant et suaves car moi je pense à la foule d’amants et de maîtresses qui, hier encore, ne pouvait assouvir leurs envies. Il y a de ça des jours, ils se disaient : « encore un matin sans amour ». Maintenant, l'amour revient sous le ciel bleu du printemps se couchant, de l'été se levant. Les « que serais-je sans toi » vont renaître, et pour un flirt ou pour n'importe quoi d'autre, les amants iront se retrouver et chanter leur douce France avec leurs corps pendant que les enfants feront la danse des canards.

Y'a d'la joie, un homme heureux : c'est moi. Viens poupoule amusons-nous comme on l'a fait à la mer. Ne me quitte pas, ne me quitte plus.  Mon vieux, me diras-tu, « ce moment fut merveilleux ». Il suffira d'un signe, plus tard, pour se rappeler ce moment que vivront de nombreux amants en ce jour de déconfinement…  Du moins, je l'espère.

Ivanhoé

 

On vous les livre ?

Atelier d'écriture du 18 avril 2020

Les billets d’humeur : chaque billet devait se terminer par « Tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. »

Je ne savais pas qu'il fallait la muscler. Elle fonctionne fort bien, se lance sans hésiter, sans jamais se
lasser, alors, je m'en occupe très peu.
Parfois je la mords et elle se rappelle à moi, l'amour vache quoi.
Déliée ou empâtée, avec ou sans petit cheveux, elle m'est incontournable.
C'est donc pour cette raison, que je viens de l'inscrire dans mon training journalier : à partir
d'aujourd'hui, et jusqu'à la fin du confinement, je tournerai sept fois ma langue dans ma bouche avant
de parler.

Valérie

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Je te dirai des mots bleus, chantait Christophe ... En ce moment, j'ai des bleus à l'âme.
Le ciel est bleu, mon pull est bleu, je peins des arbres bleus... En ce moment, j'ai des bleus à l'âme .
Le silence et la solitude sont mes compagnons... Vous me manquez mes amis très chers, vos joies,
vos sourires, vos tristesses me manquent ...
J'ai des bleus à l'âme . Qui soignera mes bleus à l'âme ?
Les livres de Christian Bobin, un concerto de Mozart, le chant de l'oiseau, une fleur de mon jardingue
... Sûrement pas tout ce bruit assourdissant, toutes ces paroles inutiles prononcées à tort et à travers
par tous ces humains en mal de pouvoir et de notoriété et qui feraient mieux de tourner 7 fois leur
langue dans leur bouche hypocrite avant de parler ....

FreeDanielle

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Ce matin, j'ai effectué ma balade quotidienne unique, qui me ressource pour toute la journée, je me
gonfle de l'air marin, me repaîs de ces paysages changeants du bord de l'océan. Mais ce tableau
idyllique a été gâché et depuis je ne décolère pas. J'ai fait une mauvaise rencontre, j'ai subi mon
8ème contrôle, sous la forme de 2 motards secondés d'une estafette de la gendarmerie nationale.
Respectueuse des consignes de périmètre et de durée, je faisais, à ce moment-là, une halte pour
immortaliser le tableau que j'avais sous les yeux.
Un des motards m'a crié avec fureur : "madame vous ne savez pas qu'il est interdit de prendre une
photo et de vous arrêter, vous faites du sport vous ne devez pas vous arrêter !". Et d'ajouter face à
mon regard interloqué "si je vous revois prendre une photo et si vous vous arrêtez, je vous colle une
amende de 135€ "
Pas de place pour le moindre dialogue, j'avais commis 2 délits passibles d'une sanction : prendre une
photo et faire une pause...A tant d'absurdité et de connerie, je n'ai pu prononcer le moindre mot, je me
suis contentée de tourner 7 fois ma langue dans ma bouche sans parler.

Anne

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« Je n’ai pas d’humeur particulière aujourd’hui, c’est l’humeur d’hier et d’avant-hier. Elle sent le
confinement hélas, pas la confiture. Je le hume avec compassion car dans le cas contraire, je me
retrouverai, contre vents et marées, loin d’être contrainte de rester enfermée. Mais concernant ce
moment, pour mettre un condiment et relever la sauce, pour conduire à bonne fin ce billet, je dois me
concentrer. C’est un constat de connivence, mais je reste en contact. Conséquence, je me sens
consternée de devoir abréger convenablement par la sentence de Sylvie, « si j’ai obligation de tourner
sept fois la langue », je perds le contrôle de ma bouche et de mes pensées. »

Catherine

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Moi je, moi je, moi je. Je dois parler à la première personne du singulier, ce que je fais. Mais si je n'en
ai pas envie ? Si le tu me sied plus ? Si le vous m'inspire plus ? Qu'est ce qui m'empêche de l'utiliser ?
La contrainte ! Je me dois de la respecter, pour autant, je me dois de la critiquer. Le « je » n'est pas
très utile ces temps-ci et l'on me force à le mettre en avant. Écrire sur moi, sur ma vie, mes
impressions, mes réflexions, rien de plus inintéressant n'est-ce pas ? Bien planqué dans mon bled
paumé au fin fond des forêts. Chauffé par le soleil d'été à travailler, jouer et cuisiner. Fatigué de ne
rien apporter pour lutter contre ce virus saisonnier. Fatigué aussi de ne rien faire. Pourquoi me
regarder, m'écouter ?
Alors je dis « je », mais je pense tu, vous et ils. Je dis que j'ai beaucoup de courage d'arriver à tenir,
que je suis là pour aider ma nation. Je dis que je fais partie de ceux qui combattent la créature infâme,
que tout ce que je fais, c’est pour être au chevet des malades. Vous aurez compris que je ne fais que
tricher. Ce « Je », ce héros peint, n'est pas moi. Le vrai « je » se contente de subir. Le vrai « je », moi,
n'a pas sa place dans aucun des écrits car il est inutile. Le vrai « je » doit s'effacer au profit du plus
grand nombre. Le vrai « je » doit se taire. Mais surtout, le vrai « je » doit tourner sept fois sa langue
dans sa bouche.

Ivanhoé

Maman explique-moi !

 

En Avril, ne sort pas d'un fil !
Le 11 mai, fais ce qu'il te plait ???
Maman, je ne comprends pas les gens
Qui parlent dans les écrans.
Y disent que de la population fut touchée dix pour cent
par ce coronavirus méchant.
Dix pour cent cela fait six virgule sept cents millions (6,7 Millions)
Loin, bien loin, de la collective immunité tant recherchée et pas prouvée.
Mais, Maman, avec vingt mille morts, les pauvres.
Cela fait zéro virgule vingt neuf pour cent (0,29 %)
de ces millions touchés
Certes ce n'est pas drôle d'être dedans
Ce n'est pas beaucoup, Maman, ce n'est pas beaucoup !
Je ne comprends pas, est-ce que j'apprends mal à l'école ?
C'est pour faire peur ou quoi ?
Je ne comprends pas tous ces médias.
Mais la peste Maman, la peste tua deux millions de gens
aux temps moyenâgeux, ça ne rigolait pas la peste Maman
Votre grippe espagnol, chinoise déjà, plus près de nous
plus de cinquante millions de pauvres gens
dans un monde trois fois moins peuplé
Maman, je ne comprends pas !
Cent cinquante mille pauvre mort, série en cours, dans notre monde arrêté
C'est une épidémie pour de faux ?
Les savants, sachants, s'écharpent sur un rien
Les africains rigolent bien, je crois Maman,
Y vivent avec le sida (ça c'est un virus, un tueur qui prend son temps), y vivent avec le palud, avec Ebola (quarante pour cent de morts, oui quarante pour cent)
Qu'est-ce que ce corona, Maman, ils rigolent bien les africains
Et puis ces chercheurs parisiens et marseillais
A quoi ils jouent ? Ils refont le match PSG/OM ?
Maman, pourquoi qu'on avait cinq mille lits en réa ?
Pourquoi que les allemands en avaient vingt cinq mille ?
Y dorment cinq fois plus que nous Maman les allemands ?
Maman, pourquoi que le Maroc et le Honduras
eux ont des masques ?
Pourquoi nous n'avions pas de tests ?
On nous ment, nous n'étions pas la cinquième nation la plus riche ?
Au secours Maman, aide-moi, je ne comprends pas...
Maman, ce petit virus a tout bloqué
Bateaux, avions, voitures, marcheurs, baigneurs, pêcheurs, cerveaux aussi.
Les gens avancent masqués, me regardent de travers moi un enfant
Nous sommes tous mortels n'est-ce pas Maman ?
Croyions-nous que nous vivrions éternellement en Occident ?
Maman, cette épidémie, n'est-ce pas un naufrage ?
Naufrage de nos élites, naufrage de l'ENArchie, naufrage de nos savants, naufrage de nos médias ?
Coronavirus, le naufrage français -
Maman, dis-moi que ce n'est pas vrai !
 
Yves (10 ans d'âge mental)

Atelier d'écriture (en visio...)

« Femme à la fenêtre » le matin d’un confinement… (à partir de tableaux de Vermeer, Matisse, Caillebotte, Dali ou Hopper et d’autres …)


caillebotte femme à la fenêtre.jpgCaspar David Friedrich femme à la fenêtre.jpgDali femme à la fenêtre.jpg
Frans Masereel Femme à la fenêtre.jpgJacobus Vrel femme à la fenêtre.jpg
Jacobus Vrel femme à la fenêtre.jpgHopper femme à la fenêtre.jpg
Lebasque femme à la fenêtre.jpgMatisse femme à la fenêtre.jpg
Matisse femme robe rayee.jpgVermeer femme à la fenêtre.jpg

 

Retrouvez de quel tableau se sont inspirés nos écrivains : 

« Il fait clair ce matin. Une douce lumière filtre au travers du vitrail qui embellit ma fenêtre. Je vais l’ouvrir pour humecter la terre du géranium qui fleurit dans la balconnière. Je prends grand soin de mes fleurs. Elles me font rêver à des horizons lointains. Je n’ai jamais eu l’occasion de partir en voyage. Je n’ai jamais quitté mon plat pays où les tulipes multicolores égayent le paysage au printemps, où la mer affleure la terre, où les digues la contiennent, où les moulins profitent des bouffées du vent du Nord pour gonfler les voiles blanches de leurs ailes. J’ai mis ma plus belle coiffe, amidonnée et délicatement repassée. Pour qui ? Pourquoi ? Je ne sortirai pas. Alors pour moi, peut-être ou pour le chat qui ronronne, serein, endormi sur le châle jeté sur la chauffeuse. Non, je ne sortirai pas, je n’irai pas au marché. Aujourd’hui il n’y aura pas de marché, pas d’éclats de voix des maraîchers ou du poissonnier. Aujourd’hui tout est calme ; pas le moindre sabot qui martèle le pavé : les calèches et les cochers sont eux aussi remisés.

Je me sens protégée, en sécurité, à l’abri des miasmes dont le crieur a dit qu’ils apportaient la mort. Tout à l’heure, je reprendrai mon ouvrage de dentelle et quand la lumière baissera, à la lueur de la chandelle, je trouverai mon livre abandonné près de mon chat, sur le sofa »

Catherine

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Confinement annoncé, douleur du passé, souffrance survenue. Je suis là, sûre de rien, à regarder le dehors quand mon corps est dedans. Mais plus que dehors, mon regard se perd dans le ciel pour repenser au passé.

J'ai toujours su apprécier le passé à sa juste valeur. Il est rassurant car il est certain. Le futur n'a pas cette chance, ce qui est à venir est en constante évolution. Alors je n'y pense pas au futur, je me contente du passé, à la rigueur du présent.

Le présent parlons-en ! Où suis-je ? Que fais-je ? Je n'en sais rien, je suis mon destin sans contrôle. Ma vie me guide, je ne fais qu'obéir. C'est pourquoi le présent, je n'en parle pas trop non plus.

Pour comprendre ce que je suis, revenons en arrière, attardons-nous sur mon passé. Ma mère était seule. Ma mère était pauvre. Mais ma mère était belle. Mon père était là. Puis mon père n'y était plus. Mais mon père était beau. C'est pourquoi je suis belle, enfin c'est ce qu'on dit. Je me plais à plaire car c'est tout ce que j'ai dans ma vie. Depuis quelques années que je ne saurais compter, ma mère est partie elle aussi. J'ai donc appris à vivre, à survivre. Dans cette survie, mon esprit n'aidait en rien, mon corps prenait toutes les responsabilités de ma vie. Je pensais déjà au passé. Je regardais le dehors de la vie, quand mon corps était dedans à s'occuper de la mienne. Mon enveloppe charnelle a donc tiré profit d'elle-même. Elle s'est vendue, elle a posé, elle a souffert aussi. Elle survivait ainsi, de nu et de plaisir offert. Puis peu à peu, elle a arrêté de le faire. La simple pose suffisait, elle avait trouvé un mécène. Telle une œuvre d'art, elle fut nourrie, logée, soignée, protégée pour que les plus grands puissent la sculpter, la dessiner, la poser sur le papier. Un jour, H s'attela à la peindre. Ce 17 mars commençait une nouvelle œuvre. Je pensais au dehors, mon enveloppe souffrait au dedans. Enfermée à présent, sans connaissances du futur, le passé de H annonçait la souffrance. Sur ce lit paré de draps blancs, éclairée par la lumière divine, dans un lieu invisible si proche des cieux, la chair n'allait pas simplement poser. H aimait avoir l'exclusivité de ses muses, elle allait donc passer elle aussi au dehors. Mais je pensais au passé et le futur m'effrayait. H m'a croqué, je n'étais plus confinée.

Ivanhoé

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Tout le monde s'émeut. La vie va s'arrêter, plus rien ne sera comme avant. La Terre s'arrêtera-t-elle pour autant de tourner ?

Solitude, dites-vous, mais que connaissez-vous donc de la solitude ?

Un moment d'arrêt dans vos vies trépidantes, une après-midi creuse à regarder la pluie tomber.

Laissez-moi donc vous en parler car depuis si longtemps déjà, je la palpe, je l'apprivoise, je la fréquente assidûment. Laissez-moi donc vous la décrire, car, si elle peut paraître effrayante au début, ne vous y trompez pas, elle se laisse approcher facilement. Le matin elle accompagne voluptueusement mon réveil. Le rayon de soleil qui se glisse entre les persiennes, les poussières qui dansent me divertissent pendant ma toilette. Habillée et coiffée je souris à mon reflet encore habité par les brumes de la nuit. Je traverse ensuite le long corridor sous le regard attentif des portraits de mes ancêtres, je me reconnais en eux, la couleur de mes cheveux chez l'un, la pointe d'humour dans le regard de l'autre, les pommettes vermillon de cette lointaine cousine, tous ont contribué et à ce que je suis aujourd'hui. J'arrive ensuite à un de mes rendez-vous quotidiens avec le monde. J'ouvre les volets de bois et découvre la merveille du jour qui m'attend. Sans cesse renouvelée, toujours différentes, la nature qui s'offre à moi, m'accueille chaque matin. Et je reste là, sans voix, les sens en éveil, je m'émerveille. Je m'émerveille au printemps, je m'émerveille en été, en automne et en hiver. Et ainsi de rendez-vous en rendez-vous, je poursuis ma journée.

Alors, quand je vous entends parler de solitude, quand je vous entends vous émouvoir de ce premier jour de confinement, je souris et j'espère que vous saurez, vous aussi, poser des rendez-vous avec votre quotidien, des rendez-vous magiques et enchanteurs, qui sauront redéfinir pour vous le mot solitude. 

Valérie

*******************************************************************
 

Nous sommes confinés à partir de maintenant. Je ne comprends pas trop ce que cela signifie même si je connais le sens de chaque mot. Je n'ai jamais été emprisonnée, personne n'a jamais entravé ma liberté...je ne peux plus sortir comme je le veux, bon, j'ai besoin de me familiariser avec cette idée...Pour l'instant, je me suis installée devant ma fenêtre ouverte, une petite brise marine me caresse, je suis vêtue légèrement, comme lors d'une belle journée de printemps. J'ai cueilli ce matin ce bouquet de fleurs sauvages posé devant moi sur la bordure de la fenêtre, j'en ai profité pour courir dans les champs et me promener sur le port, une dernière escapade.

Maintenant je suis là, à ma fenêtre. Pour l'instant j'ai beaucoup de plaisir à regarder la mer, et les quelques bateaux qui manœuvrent encore. Je me sens joyeuse mais qu'en sera-t-il demain, lorsque les bateaux resteront à quai, et que seuls les cris des mouettes résonneront dans le silence ? Je ne suis pas habituée au silence, il y a tant d'activités habituellement sous ma fenêtre.

Anne

Confiné


Confiné je suis
Confit bientôt serai
Me protéger de l'autre je dois
 
Interdit le hasard
Le croisement des regards
La rencontre qui libère
Une attestation pour le possible
 
Combien de temps encore
A distance rester
Mon Nikon va rouillé
 
Avant que nos rencontres
Tracées ne soient
L'envie garder. je dois
De toi.
 
Oncle Bob

Comptine des vieux

65 ans
Travaille encore.

70 ans
T'as toutes tes dents.

75 ans
T'es sénateur.

80 ans
Toujours dehors.

85
Tu nages encore.

90
Sur ton vélo.

95
Tu fumes ta clope.

Où sont les vieux ?

Cat H Pornic, le 19 avril 2020

Vaccin

Une rose est partie à l’assaut du ciel.
Elle s’élance au-dessus du mur,
Orange dans le bleu azur.
Elle voudrait avoir des ailes.

Où vas-tu ? lui dit la mésange.
Je veux trouver l’ange
Qui a réussi à décrocher
Les guirlandes du ciel.

Mais le coupable
Est plutôt un diable !
Tu trouveras ce malin
Sur les mains
Ou le nez des humains.
Il est plus petit qu’une puce,
Il s’appelle coronavirus.

Alors, la rose se laissa cueillir.
A grands coups d’épines et de parfum
Elle peut s’enorgueillir
D’avoir terrassé le malin.

Cat H Pornic, le 16 avril 2020

Poème interactif

 

Poème interactif

Le jour d’après,
Un rien suffira à mon bonheur.
Marcher sur la plage de Crève-Cœur
Jusqu’à La Bernerie
Prendre un verre avec mes amis
Chez les Tontons nageurs.

Le jour d’après,
Un rien suffira à mon bonheur.
Arpenter les sentes vertigineuses
Jusqu’au pied de la Chartreuse
Y admirer un chamois joueur
Effectuer une traversée périlleuse.

Le jour d'après...
La mer et sa beauté,
La sérénité...
Vernissages et expositions,
La satisfaction...
Les apéros entre amis,
L'euphorie...
Les barbecues à foison,
La délectation...

Retrouver ses enfants,
L'enchantement...
Se promener avec son âme soeur,
Le bonheur....

...Le jour d’après....
Je file direct chez mon amant,
Pour savourer ce moment,
Au diable la vigilance,
Il n’y aura ni masque, ni gants,
L’abondance...

........Le jour d’après,
Toujours recommencer
Pour ne pas oublier
Que jadis, nous avons bien vécu
Dans ce monde aujourd’hui reclus....

Le jour d’après,
Nous vivrons autrement
Des heures remplies de nouveautés,
Sans pour autant
Oublier nos années passées,
Mais les regretterons-nous vraiment ?

Cat H, Pascale, Cat, Nicole, Annick, Josiane

 

Mon jeu des 7 familles

Comme j'aime dessiner, j'ai ressorti crayons, pastels et papier dessin pour occuper quelques heures de mes journées .
Je me suis lancé le défi de reproduire un jeu de 7 familles ...


J'ai de quoi m'occuper avant d'arriver à 42 dessins !!!


Mais, je savoure par avance le bonheur pendant les vacances d'été (ou bien avant je l'espère ) de jouer avec mes enfants et petits-enfants avec ce jeu qui prendra alors tout son sens ... et tellement plus qu'auparavant :


" MON JEU DES 7 FAMILLES "

 

image1 [640x480].png

 

par Marie-Claude Picard

 

 

Cat H

 

Les oiseaux

C’est mignon, les oiseaux,
Mais point trop n’en faut !

Au lever du soleil,
Hup, hup, hup
La huppe
Sonne le réveil.

Au petit déjeuner,
Une crotte immonde s’écrase à mes pieds
Issue d’un pigeon
Perché sur le pignon.

En promenade, coucou, coucou,
Je n’ai pas un sou !

Pendant le confinement,
Je lis un livre intelligent.
Comment se concentrer avec la tourterelle
Qui roucoule dans le saule de Mickaël ?

Dans le jardin, je sursaute aux cris des mouettes rieuses
Elles sont de plus en plus nombreuses,
Ou quoi ?

Ah, tiens ! La mésange est sortie de son nid.
Et me voilà, guettant, toute attendrie,
Le cui cui des petits.
Les oiseaux, c’est mimi...

 

 

GR corona

Hier,

Impasse de la baie

Un vent de liberté

Avait soufflé.

La barrière

Etait par terre

Alors je l’ai enjambée

Et suis remontée

Par le chemin buissonnier.

C’est le domaine de la nature,

Un tunnel de verdure.

Là, sous les chênes d’un vert tendre,

Merles et pinsons se font entendre.

Il faut ralentir le pas,

Profiter des cailloux sous la chaussure,

Oublier corona.

Cette année, pas de GR,

Je parcourrai la Terre

Sur le chemin buissonnier.

 

 

 

 

Une île

 

Dans le monde d’avant,

Tu payais très cher

Pour passer un mois

A l’autre bout du monde

Sur une île.

Dans le monde présent,

Tu vis depuis un mois

Sur une île

D’un kilomètre carré

Et tu arrondis tes économies.

Alors, souris !

 

 

SNCF

 

Sur ma table de nuit,

On m’invite en TGV inouï.

J’avais acheté, à moitié prix,

Ma carte sénior, dans une autre vie.

Le jour du black Friday !

Je suis bien punie

De cet écart insensé.

 

Quand pourrons-nous à nouveau

Sauter dans le TER

Direction le Finistère ?

 

Quand pourrons-nous à nouveau

Filer en TGV

Nous évader et rêver ?

 

Quand pourrons-nous à nouveau

Flâner en Intercités

A travers les champs et les prés ?

 

Quand pourrons-nous à nouveau

En train de nuit

Rallier Paris puis Varsovie ?

 

Oui, quand verrons-nous le bout du tunnel ?

 

 

 

 

Promenade

 

Dans mon quartier, il y a

Des prétentieuses

Villa Ameliana

Villa Miranda

Et des modestes

La guitoune

La papoune

 

Des rêveuses

Copacabana

Soir d’été

Et des aventurières

Cap à l’ouest

Vent d’avril

 

Il y a des nonchalantes

La reposerie

La ronflette

Et des turbulentes

Farfadet

Les elfes

 

Des ornithos

Les mésanges

Le petit pinson

 

Et des botanistes

Le pré colas

Champ fleuri

 

Il y a des mystérieuses

Ceniscolâ

Marcolette

Et des pas compliquées

 

Gael

Yann

 

Il y a celle qu’on espérait

Enfin !

La Vla

 

Et celle qu’on n’attendait pas

 

Imprévu

 

Bien sûr, il y a les bretonnes

Les korrigans

Ker Moëtt

Ker ceci...Ker cela...

Et aussi ma préférée

Ty ben’ez

 

Et puis il y a les sans nom

Manque d’imagination ?

 

 

 

 

 

 

Doute existentiel

 

Je ne regarde pas de séries

Ni de films sur Netflix.

Je ne fais pas de sport en ligne.

Je ne poste pas sur Instagram.

Je ne partage pas sur Facebook.

Je ne tweete pas.

Je ne prends pas d’apéro virtuel .

Je ne chante pas devant mon i-phone.

Je n’ai pas Whatsapp.

Je n’achète pas sur Amazon.

 

Est-ce que j’existe ?

 

Heureusement, tous les matins,

Mon attestation me rappelle

Comment je m’appelle !

 

 

 

 

Grande marée corona

 

A midi, au fond de la baie

Les rochers affleuraient

Et faisaient comme un trait

A la surface de l’eau.

 

Pas un pêcheur, pas un haveneau

Pas un tournevis, pas un croc.

Où sont-ils passés ?

Se dit le bigorneau.

 

Coquillages et crustacés

Etaient tout étonnés

Car pour la grande marée

Ils s’étaient préparés.

Les crabes sous les rochers,

Les couteaux loin enfoncés.

 

Baillant au soleil,

Telle une oreille,

L’huître avait sa petite idée.

Ils sont à la chasse. La pêche, c’est terminé !

La chasse au coronavirus !

Moi, je connais bien les virus.

Ils en ont pour trois mois ou plus.

 

Ce jeudi, coefficient 117,

Au fond de la baie,

Ce fut la fête...

 

 

 

En marche

 

Au bord de la Marne,

Je marche.

 

Sur les plages de Bretagne,

Je marche.

 

Dans les ports de Brest et du Havre,

Je marche.

 

A Lille, sur la grand place,

Je marche.

 

Dans les plaines de l’Aisne,

Je marche.

 

Dans les vignes de Bourgogne,

Je marche.

 

Sur les quais à Lyon ou à Bordeaux,

Je marche.

 

Avec les loups du Mercantour,

Je marche.

 

Sur les sentiers de Corse,

Je marche.

 

Dans les calanques de Cassis,

Je marche.

Dans les gorges de l’Arzon,

Je marche.

 

A l’assaut des volcans,

Je marche.

 

Dans les chaumes de l’Aubrac,

Je marche.

 

Jusqu’aux cols des Pyrénées,

Je marche.

 

En attendant le 11 mai,

Je marche

 

Dans ma tête de confinée.

  

 

 

Casse-tête

 

Certains disent :

Le monde d’après

Ne sera pas comme le monde d’avant.

 

Beaucoup disent :

Je veux retrouver ma vie d’avant.

 

Comment retrouver sa vie d’avant

Dans le monde d’après

Qui ne sera pas comme le monde d’avant ?

 

 

Go

Go !

Jeudi,
Face à la mer

Je conjugue le verbe aller

Au futur
J’irai
I will go
Ich werde gehen
Ire

Dimanche,
Le temps est figé

Les liaisons sont coupées

I went
Ich ging
J’allais
Fui

Je conjugue le verbe aller

Au passé.

Cat H

Rendez-vous

« C’est notre rendez-vous atelier d’écriture confiné.
Je suis branchée, ouf !
Et je suis contrainte de fermer mon petit volet bleu car le soleil m’éblouit.
Je suis éblouie non seulement par le soleil mais par vos sourires qui réchauffent mon cœur.
Confinée mais si heureuse de vous retrouver pour échanger des mots et des idées positives.
Mon petit bosquet à la droite de la maison est empli de fines branches fleuries en rose tendre mais je n’ai pas leur carte d’identité, et, en face au numéro 14, chez nos voisins du Loiret, les ficoïdes à grosses fleurs, rose fuchsia, se sont épanouies au soleil.
Et dans le silence, le chant des mésanges, chardonnerets, rouge gorge : tout ce gentil monde pépie de bonheur, alors pourquoi le refuser ? »

Catherine

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Aller à sa fenêtre, que voit-on ? Ce sera le décor de notre histoire avec un personnage imposé, pour moi, ce sera Suzie.

Suzie a décidé d'aller espionner mon voisin, qui est aussi mon propriétaire, car elle l'entend raler et veut comprendre ce qu'il marmonne.

Je lui avais décrit ce personnage comme un vieux grincheux radin et mysogine et du coup, cela avait aiguisé sa curiosité.

Elle franchit donc la baie vitrée après avoir tiré précautionneusement la double porte fenêtre de la véranda. Cette véranda est une antiquité, les portes grincent, le toit en plexiglass craque sous l'effet de la chaleur et fait l'effet d'une loupe.

En face de la baie vitrée, il ya 3 m de pelouse et une épaisse haie d'arbustes qui forme une frontière opaque entre mon voisin et moi. Suzie s'approche tout doucement, elle écoute. On se croit protégé derrière cette haie, on l'est de la vue mais certainement pas de l'ouie.

Elle entend parfaitement ce qu'il raconte : il est en train de calculer comment changer à moindre coût ma véranda pour pouvoir augmenter mon loyer. Suzie s'est assise dans l'herbe au milieu des paquerettes qui pullulent car je n'ai pas tondu, et à proximité du compost et de mes bacs de fabrication maison, qui accueillent mes plans de tomates. Suzie ne perd pas une miette de la conversation, assurée que je serais heureuse d'apprendre les projets qu'il élabore et qui me concernent.

Mais, soudain, prise, d'éternuements sonores dus au rhume des foins, Suzie tente d'étouffer dans sa manche les bruits incongrus, mais, trop tard, un silence pesant s'installe, perturbé seulement par le bourdonnement des abeilles et le pépiement des oiseaux...Rentrer sans bruit dans la véranda, sans dire un mot...

Anne

 

La mi-carême

La mi-carême

Cette année pour la mi-carême,
Nous aurons tous le même

Masque de dragon chinois
Surtout pas
Masque de pangolin
Encore moins
La chauve-souris, c’est banni.

Masque en tissu
C’est fichu
Masque en papier
Sans effet
La dentelle
C’est irréel.

Alors, masque chirurgical ?
Bon pour le moral
Non, il y a beaucoup mieux
Masque FFP2 !

Cat H

Courrier de Poupa

 

Je m’appelle Poupa j’ai 4 mois et demi et je vis mon premier confinement.

Je vis avec mes nouveaux maîtres depuis le 1er février, date à laquelle j’ai quitté ma première famille.

J’ai découvert les ballades à la plage, les haltes en terrasse sur le quai, les petits apéros entre voisins.
Bref une vie plutôt sympa.

Et puis brutalement tout s’est arrêté.
Plus de plage, plus de visite des enfants (mes nouveaux maîtres ont 4 petits enfants).
On faisait des super parties dans le jardin ou à la plage. 

Quand on sort pour faire le tour du village (ils appellent ça un lotissement) les portails restent fermés, on se parle à distance.
Je n’ai plus droit aux caresses, c’est triste.
Vivement que le coromachin s’en aille.

Je crois que ce jour-là je battrai le record du 100 mètre sur la plage, avec un super bol de croquettes et d’eau claire pour fêter ça.

Mes maîtres parlent de saucisses, de merguez et de rosé.

Tous les goûts sont dans la nature. 

À bientôt.

 

 

 

Espoir

Espoir

Au loin, Noirmoutier me nargue
Viendra, viendra pas ?
Au large, Noirmoutier me largue

Viendra pas.

Plage des Dames, les cabines s’ennuient

Nagera, nagera pas ?
Plage des Dames, la mer se replie.

Nagera pas.

Bois de la Chaize, le muguet pointe son nez

Cueillera, cueillera pas ?
Bois de la Chaize, le muguet est fané.

Cueillera pas.

A l’Herbaudière au soleil de juillet
Voguera, voguera pas ?
A l’Herbaudière sous le vent de juillet

Voguera.

Cat H

Billets de bonne humeur

Billets de bonne humeur 

Puisqu'aujourd'hui on ne doit exprimer que du positif, des bonnes ondes, je commence par un tableau un peu sombre pour progresser vers la lumière qui n'en sera que plus éclatante.

J'en avais assez que lors de ma balade quotidienne le long de l'océan, (quelle chance j'ai), de croiser des joggueurs, des promeneurs de chiens, des marcheurs qui regardent leurs pieds, leur chien ou au loin, le regard indifférent. Pas le moindre sourire, le plus faible bonjour, qui serait pourtant bienvenu par ces temps de confinement ou chacun n'a qu'à se regarder dans le miroir pour voir un être humain !

Bonjour serait-il devenu un gros mot, le sourire devenu contagieux ?

Donc ce matin, je me suis permis un « bonjour tonitruant » à toutes les personnes que j'ai croisées. Eh bien, l'expérience a été positive, que des bonjours agrémentés parfois d'un sourire éphémère! Ouf le monde n'est pas si pourri, je recommencerai demain pour le vérifier !

Anne 

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 À neuf heures, le matin sur la terrasse, dans ma chaise longue, protégée du vent par deux haies de pittosporum, la couverture sur les épaules, je bois mon thé.

À 14h, dans ma chaise longue, sous le cerisier en fleur, je regarde les abeilles butiner. Oh ! un papillon.

À 15h, dans ma chaise longue, dans mon bureau, sous la fenêtre ensoleillée, j'écris. Mais où est donc passée l'inspiration ?

À 21h, dans ma chaise longue, je regarde un de ces nombreux films que j'avais stockés, sans jamais avoir le temps de les regarder.

Avant tout cela, je n'étais jamais resté plus d'une demi-heure dans ma chaise longue.

Valérie

 

Ma journée corona

Ma journée corona

D’après qui vous savez...

Le matin, tu peux me trouver
Impasse de la baie
Pour regarder la mer.

A midi, assise au soleil
Sur les marches, j’essaye
De regarder la mer.

Quatorze heures, j’ouvre le journal
Ça me démonte le moral
Je préfère regarder la mer.

Quinze heures, j’appelle maman,
Dans sa chambre en confinement
Elle veut regarder la mer.

Dix-neuf heures, on compte les morts,
Alors dans le jardin je sors
Pour regarder la mer,
Regarder la mer,
Regarder la mer.

Cat H

Atelier d'écriture de la Médiathèque-samedi 28 mars

Billets d’humeur sous forme de lettres …

 

Chère Suzie,

En ces temps difficiles, je suis vraiment heureuse de t'avoir rencontrée
et j'en remercie Clarissima et notre atelier .....
Je suis seule dans mon appart et devant moi, le port silencieux .
Seul le bruit des oiseaux et de la minoterie ...
Mon corps sait..
Je ne peux pas tricher avec lui.
Mon corps me dit sa détresse d'être coupée des êtres que j'apprécie et qui, comme toi, font partie de mes rituels.
Mon corps sait et je ne peux pas tricher avec lui ...
Quand mon coeur se serre parce que je me sens blessée ou malmenée par la vie.
Mon corps me dit la vérité ...
Quand j'ai la nausée devant des écrits , des paroles ou des actes qui me révoltent.
mon corps me dit la vérité....
Quand j'ai une boule au fond du ventre devant une épreuve que je dois traverser et que la peur me tenaille.
Mon corps me dit la vérité ...
Quand une fleur s'épanouit dans ma poitrine,lorsque des amis m'appellent et que je me sens aimée.
Mon corps me dit la vérité ...
Quand mon cerveau fait des étincelles et quand j'écris un haïku ou quand je peins un arbre bleu.
Mon corps me dit la vérité ...
J'écoute mon corps et le chant des oiseaux
dans le silence du confinement et de la solitude
en attendant le bonheur de te revoir
Chère Suzie

Signé Freedanielle....

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Très chère Danielle,

Une semaine est passée depuis ma dernière missive. Une semaine durant laquelle mon monde s'est écroulé. A entendre matin, midi et soir ce fameux nom que je n'oserais pas prononcer, je me suis répugné. Ces sonorités effrayantes sont si familières à présent et pourtant, je ne les supporte plus. Elles ont envahi mon espace vital, elles viennent à moi par tous mes sens. Je les vois s'épancher dans les bouches des journalistes et autres individus. Je les entends remplir ma tête, envahir mon esprit. Le confinement me laisse un goût. L'odeur du papier d'Arménie pour le faire fuir m'irrite. Et le contact avec d'autres individus est maintenant un lointain souvenir. Tout ce qui me permet de sentir le monde se rapport à se microbiote envahissan. Je voudrais parler d'autre chose, écrire autres chose, mais impossible, je l'évoque quand même. Je m'énerve ;
En espérant que tu arrives à te changer les idées contrairement à moi, je te fais des gros bisous.

Ivanhoé

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Bonjour Ivanohé,

Je vous écris car vous êtes mon nouveau voisin, et comme j'ai appris que vous connaissiez Claire de l'atelier d'écriture, je m'autorise à partir de maintenant à te tutoyer, j'espère que ça ne te dérange pas et que tu feras pareil. Je donne de mes nouvelles en attendant les tiennes
11ème jour de confinement, j'ose le dire : ça va !
Le soleil qui nous a tant manqué quand on n'était pas confinés, brille comme jamais. Il brille un peu comme une provocation d'ailleurs, alors qu'on n'a pas le droit de sortir ou si peu. Cette fenêtre de sortie d'1h, j'en profite au maximum. Des circuits d'1km en étoile autour de chez moi, jusqu'au port ou jusqu'au château, voir l'océan, écouter le ressac, c'est un vrai bonheur. Ma seule crainte, la voiture de gendarmerie que j'entends ralentir dans mon dos, à mon approche pour me contrôler. Je reconnais que j'ai du mal à m'y habituer, un stress irrationnel puisque je respecte les consignes ...Mais on n'est pas habitué à être contrôlé dans notre quotidien, d'ailleurs peut-on s'y habituer ?
Là, tout de suite on va se retrouver à l'atelier d'écriture, retrouver Claire, avec son enthousiasme communicatif ses mots : « on va y arriver ». Vraiment, moi, je n'ai pas le droit de me plaindre.
J'ai hâte de faire plus ample connaissance avec toi et de savoir comment toi tu vis ce 11ème jour !

Anne

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Ma très chère Anne, tu me manques tellement,
Que fais-tu sous le soleil insolent de Mars ?
A quoi rêves-tu en regardant le ciel limpide ?
Que portes-tu dans le froid glacial du matin et dans la tiédeur de l'après-midi ?
Vers quel horizon vogues-tu quand la rêverie s'invite ?
Confinée dans mon espace mental, je t'imagine et je vogue.
Que fais-tu de tout ce temps ?

Valérie

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Billet d'humeur : un bouquet de douceur pour la peine de ce jour.

C'est le 1er Avril et je suis sûre que c'est la dernière facétie de mon amie Odile qui commence aujourd'hui, son dernier voyage. Sa famille ne l'entourera pas : elle est confinée à Marseille. Sa nièce de Saint Nazaire de santé fragile ne sera pas là non plus. Donc nous serons quatre avec notre prêtre pour assister à la bénédiction à l'église Saint Gilles.

Odile résidait à la Résidence des Ormes où notre équipe assure l'aumônerie depuis plus d'une dizaine d'années : c'était une fidèle de notre temps de prière du vendredi. Parfois nous l'avons connue souffrante ou fatiguée et ces jours-là nous lui rendions visite dans sa chambre où elle nous accueillait avec ses beaux yeux bleus, toujours bienveillants, un rien malicieux lorsque les douleurs n'étaient pas trop violentes. Et nous aimions terminer notre cheminement par elle : elle était bavarde et mes compagnons et moi-même le sommes aussi. C'était un plaisir partagé d'autant qu'elle avait gardé toute sa vivacité d'esprit et sa délicieuse humeur.

Et ce matin alors que je rentrais de courses, je pensais, mélancolique et triste qu'étant donné les circonstances, elle n'aurait pas de fleurs sur son cercueil. Par un heureux hasard, j'ai pris un chemin d'écolier pour rentrer et il m'a emmené rue Mermoz, toute entière dans mes pensées et mon chagrin. Est-ce le hasard qui m'a dirigé par là ; moi je dirai plutôt le Seigneur ! car dans un petit jardin, qui entoure une maison qui doit être démolie, il y avait des jacinthes sauvages à profusion, regroupées pour se réchauffer du petit vent glacial qui agitait les bosquets. Alors j'ai enjambé le muret et j'ai cueilli un bouquet mauve. Un vieux monsieur est passé et je lui ai expliqué les larmes aux yeux, pourquoi je cueillais les jacinthes. Emu de mon histoire, il m'a assurée que je ne faisais aucun mal. J'ai cherché une petite feuille dans mon sac, afin de remercier les nouveaux propriétaires, mais je n'avais rien pour prendre note et au dernier moment, je me suis souvenue que j'avais des images de la Vierge Marie, la belle statue du chœur de notre église Saint Gilles. Alors autour de la prière j'ai pu inscrire mes remerciements et le pourquoi de ma cueillette- chapardage ! J'ai trouvé une pierre pour coincer l'image sur le seuil parce qu'il n'y a pas de boîte aux lettres. J'espère qu'ils la trouveront.

Puis mon bouquet à la main j'ai continué le chemin quand arrivant au bout de la rue, j'ai entendu mon prénom. Je me suis retournée pour être illuminée par le sourire d'Anne, notre amie d'écriture. Toujours dominée par mon émotion, vous me connaissez, les larmes aux yeux, je lui explique ce que j'ai fait et pour qui je l'ai fait. Et avec beaucoup de tendresse elle a ajouté à mon bouquet mauve, trois arums immaculés de son jardin.

Je ne crois pas au hasard mais à la bienveillance divine. Je voulais vous écrire mon billet d'humeur mélancolique de ce jour, amis d'écriture, et partager aussi avec vous, pour qu'elle soit plus légère, ma peine.

A bientôt – je vous aime – Catherine

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Chère Valérie !

Je souhaite de tout cœur que Toi et tes proches vous vous portez bien. Quelle période difficile nous avons à vivre. Tu me manques tellement. J'aurais envie d'aller te voir, de marcher avec Toi.
Hélas, nous sommes confinés.
Heureusement que nous avons le téléphone et tous çes moyens technologiques qui nous permettent de rester en contact. Je pense également que nous sommes privilégiés, à la campagne, loin des grandes villes avec nos jardins.
J'ai hâte de te lire Pour que tu me racontes tes journées.
En ce qui me concerne je jardine, je fais de la couture - un petit peu -, Je cuisine en pensant à vous, je lis. Je profite du soleil et du chant des oiseaux.
Réponds-moi très vite. J'attends de tes nouvelles. Je t'embrasse très fort virtuellement.

Suzie

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Merci auX personnelS de l'Hôpital intercommunal du Pays de Retz

Lettre aux soignants et à tout le personnel des Ehpad
Je ne vous connais pas personnellement. Mais je sais que vous êtes extraordinaires.
La fin de ma carrière professionnelle, je l'ai passée aux côtés de certains de vos collègues. Je dirigeais un Ehpad dans le Maine et Loire. Pendant ces 8 années, j'ai appris à vous connaître. J'ai vu votre dévouement auprès des personnes âgées. J'ai vu votre capacité à adapter vos organisations au quotidien pour répondre aux besoins des résidants. Je vous ai vu.e.s réfléchir et analyser vos pratiques pour que la bientraitance soit au cœur de votre action. Je vous ai vu.e.s faire face à la pénurie de personnel. J'ai vu votre ténacité et votre imagination face au manque de moyens alloués à ce type d'établissements. J'ai vu votre tendresse dans l'accompagnement des personnes en fin de vie. J'ai vu votre présence auprès des familles.
Ma maman est résidente dans un Ehpad au Mans. Elle n'a pas vu mon papa depuis 3 semaines. Elle a du mal à comprendre pourquoi il ne vient pas. Elle va être confinée dans sa chambre, seule. Vous serez les seules personnes qui seront auprès d'elle.Aujourd'hui vous faites face à une situation d'une rare gravité. J'imagine votre désarroi, votre inquiétude, votre peur. J'imagine le travail immense, intense et harassant que vous devez accomplir. Les moyens, vous en manquiez avant la crise sanitaire. Alors j'espère voir arriver dans vos établissements les masques et protections dont vous avez besoin sans délai.
Chaque soir, les français vous applaudissent pour vous remercier. Moi, j'allume une bougie à la même heure. C'est ma façon de vous dire MERCI, de penser à vous.
MERCI MERCI MERCI

Sylvie

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Les lettres à nos objets

Cher Toi !

Comme j'aime te regarder, te contempler, te caresser.
Je me souviens, comme si c'était hier, de ce jour où tu es entré dans ma vie. C'était le jour de mes 20 ans. Je me souviens tu étais entouré de soie, dans une très jolie boîte avec de beaux rubans multicolores. Maman m'avait écrit un joli mot plein de tendresse et d'amour. Il est toujours dans la boîte.
Tu as trouvé tout de suite ta place dans ma chambre, puis tu m'as accompagné toute ma vie dans mes différentes maisons. Je t'ai toujours trouvé une place, Ta place J'aime te voir dès que je rentre chez moi, tu m'apaises. Tu n'es pas imposant mais tu brilles de mille feux. Tes couleurs changent en permanence en fonction de la lumière du soleil ou de la lumière ambiante. Parois tu es tout orangé, parfois l'étoile de mer toute blanche semble bouger au gré du vent et prend toute la place. J'ai pris quelques rides toi aucunes. Tu devrais me donner ton secret. Et surtout, lorsque je te regarde j'ai l'impression que Ma petite mère, partie trop tôt, est toujours là et je l'entends encore me lire ses mots d'amour lorsqu'elle t'a fait entrer dans ma vie.

Suzie

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ACROSTICHE

C omment
O n peut modifier
N otre comportement
F ace à ce foutu virus
I nvisible
N ous devons tous
E nsemble
M ettre toutes nos énergies
E n commun
N ous confiner au maximum pour
T errasser ce poison.

Confinement

Bonjour,

Je travaille à Lyon, mais mes parents habitent Pornic.

Au lieu de rester toute seule chez moi pendant un temps indéterminé, le premier jour du confinement on m'a aidé à acheter un billet de train sur internet car en tant que non-voyante je ne peux pas le faire toute seule. J'ai réussi à trouver pour le lendemain un train Lyon-Nantes.
Vous allez sûrement vous demander: "Mais pourquoi n'est-elle pas allée jusqu'à Pornic?". Tout simplement c'est parce que dans les gares françaises le service d'accompagnement pour les personnes âgées et handicapées n'était pas assuré. Donc, comme aucun agent de la SNCF n'aurait pas pu venir me chercher dans le train à Nantes pour m'emmener dans celui qui allait à Pornic, il était préférable que mon père et ma mère viennent me récupérer dans le train à Nantes.

Depuis les journées passent et j'arrive à trouver des occupations: j'écoute de la musique, je regarde la télévision (il m'arrive de regarder des DVD de films ou de concert soit sur ma télé ou soit à l'aide de mon ordinateur), que se soit par téléphone (à l'aide d'une synthèse vocale) ou à l'aide de mon PC équipé d'un logiciel vocal et sur lequel je branche un appareil qui me permet de connaître en braille ce que j'écris, je prends des nouvelles de mon entourage. De plus, pour pouvoir garder la forme, je prends l'air dans le jardin et je fais le tour du pâté de maison. Puis, je ne manque pas de lire mes e-mails tous les jours (notamment les programmes de télé que je reçois gratuitement) et j'ai aussi des ouvrages en audio et en braille que je peux découvrir ou redécouvrir. A ce propos, en ce moment je lis à l'aide d'un lecteur de livre audio le roman de Marie-Bernadette Dupuy: "L'amour écorché" que j'ai emprunté fin février à la médiathèque de Pornic.

A Lyon, je travaille dans une imprimerie braille d'un ESAT (Etablissement et Services d'Aides par le Travail). C'est une entreprise adapté pour les déficients visuels qui proposent diverses activités. En  dehors de mon travail, j'ai une vie sociale: je fais de la randonnée (marche et tandem), je joue à la pétanque, il m'arrive d'aller à diverses sorties organisées par des associations pour non-voyants et malvoyants, au cinéma, au théâtre et d'aller à des concerts. Bien sûr, les fous rires qu'il m'arrive d'avoir avec mes collègues me manquent et mes activités de loisirs aussi; mais Heureusement que nous ne sommes pas au moyen âge parce que pour communiquer avec d'autres personnes qui ne sont pas proches les unes des autres ça aurait été impossible. Je suis contente que des gens m'appellent, m'envoient des SMS et des messages électroniques, ça permet d'avoir des nouvelles des uns et des autres et ensemble nous gardons le moral...
Mais, à quand la fin?

Anne Breton

 

Méandres

GRIF, méandres..

GRIF, Gérard RIFfault, peintre plasticien.

Le confinement (Covid-19),

Le confinement (covid19),

Tout est triste, tout est étrange dans les villes,
Les grilles des bouchers ne crient pas au matin,
Les rideaux métalliques restent immobiles.
Pas le moindre souffle, pas le moindre péquin.

Les autos étonnées semblent désespérées,
Elles n’imposent plus leur vacarme incessant.
Les rues sont muettes, seul des déchets poussés
Par les frasques du vent résonnent bruyamment.

Et l’homme d’aujourd’hui, cet homme impérieux
Qui ne respecte pas les joyaux de la terre, 
Cet homme est confiné, impuissant, anxieux. 
Espérant le vaccin ou l’exploit salutaire.

Mais à toute chose malheur est bon.

Respirez l’air du temps en ouvrant vos fenêtres,
Dégustez de nouveau les parfums du printemps,
L’air pourri s’est enfui sans le faire paraître,
Il s’était installé depuis bien trop longtemps.

Ecoutez maintenant, écoutez la nature
C’est tout un concerto de gorges résolues,
Ici c’est un moineau caché dans la ramure,
Et là, un rossignol que l’on entendait plus.

Un jour, à la sortie de ce confinement,
Revoyons à jamais nos tristes certitudes,
Préparons, pour demain, un monde plus clément,
Pour l’enfant qui naîtra ce sera le prélude.

Pierre Aros

 

CoronaEarth

CoronaEarth

Et si on avait mieux protégé notre planète,

peut-être qu’un seul masque aurait suffi ?! …

Jean-Yves Royet

J'ai 13 ans


Bonjour
 
Je suis Liza et j'ai 13 ans.
 
Oui le temps est figé, il est même chamboulé !
Plus d'heure pour se coucher, plus d'heure pour se lever, plus d'heure pour manger. On peut se coucher à minuit, se lever à 13h et manger à 23h ! et ça c'est plutôt rare !
Les devoirs se font à la maison à distance (c'est aussi bien), il m' arrive de marcher autour de la maison avec le chien 1km et 1h, ça me fait bizarre.
Je regarde les séries Casa de Papel, Stranger things, un peu de jardinage, on entend que les oiseaux, plus de voiture. j'en profite aussi pour faire du tri, de la cuisine et même de la couture (sur mon bob), du ménage plus souvent car nous sommes les uns sur les autres !
Bien sûr on essaye de garder nos repères mais le temps ne passe plus comme avant !
je retrouve mes amis sur les réseaux et me suis rapprochée de ma soeur ( qui l'aurait cru!)
Bientôt c'est Pâques, une première sans la famille et mes chocolats ?
Oui le temps est chamboulé
mais je suis restée chez moi !

Femme à la fleur rouge

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